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Valentin Debise : « Je suis sorti de ma zone de confort »

Cette semaine, à l’occasion des élections présidentielles américaines, Gazz-info passe à l’heure des États-Unis et vous propose une série d’articles sur la compétition moto version bannière étoilée. Valentin Debise, pilote français qui s’est exilé au pays de l’oncle Sam répond à nos questions.

Cette saison, le vice-champion de France Supersport 2013 s’est exilé aux États-Unis afin de participer au championnat MotoAmerica en catégorie Supersport. Au guidon d’une Suzuki du Team Hammer, Valentin Debise s’est mis en évidence au sein d’un championnat relevé.

Comment s’est fait le rapprochement avec le Team Hammer?

« C’est moi qui les ai contacté car je voulais changer d’environnement. J’avais fait le tour du championnat de France Superbike et comme la vitesse est la discipline qui m’intéresse le plus, j’avais pour idée de participer au championnat américain de Superbike, MotoAmerica. J’ai bien observé les teams et les pilotes qui participaient au championnat Supersport durant plusieurs mois. Nous sommes entrés en contact et nous avons longuement discuté au téléphone. Je suis allé à la rencontre de l’équipe en Alabama, en janvier, avec des investisseurs qui souhaitaient miser sur moi. Sur place j’ai pu constater que l’équipe était très sérieuse, les mécaniciens soigneux et les motos très bien préparées. Très vite le contact a été bon et en une semaine nous nous sommes mis d’accord. »

Tu termines à la 3e place du championnat Supersport avec 1 victoire et 11 podiums en 16 courses. Considères-tu ta première saison aux États-Unis comme réussie?

« Quel pilote français a gagné une course là-bas avant moi? Qui s’est classé 3e avant moi? Personne ! Avant d’y aller c’était difficile de jauger mon niveau par rapport aux autres pilotes. J’y suis allé sans a priori et j’ai essayé de faire au mieux mon travail de pilote. Malgré la découverte des circuits, j’ai pu monter sur le podium à toutes les courses. C’est donc, pour moi, une grande réussite. Je ne pensais pas faire ça alors c’est une belle récompense ».

Lors de tes débuts dans ce championnat, quelles difficultés as-tu rencontré?

« Je suis parti là-bas tout seul. Lorsque je suis arrivé, je ne connaissais personne. Je ne connaissais pas la moto ni les circuits. Tout était difficile. J’étais également à des milliers de kilomètres de mes proches. J’ai dû faire des efforts avec mon anglais afin de bien communiquer avec mes mécaniciens. J’ai fait tout ce qui était dans mes capacités pour m’adapter. Ma plus grosse qualité cette saison a été de m’adapter à toutes les circonstances. Je suis sorti de ma zone de confort. »

MotoAmeroca Valentin Debise

Tu as décroché une victoire à Road America et une deuxième lors d’une course préparatoire aux 200 miles de Daytona. Cela représente t-il une sentiment particulier de remporter une course sur ce circuit de légende?

« C’est déjà une sensation particulière de rouler sur ce circuit. On ne se rend pas vraiment compte de l’inclinaison du banking qui est de 30 degrés. C’est un véritable mur. En moto, on se fait aspirer dedans et passer à fond, au début ça semble impossible. Puis j’ai tenu le pari que je passerais à fond dès mon premier tour et c’est ce que j’ai fait. »

L’atmosphère est considérablement différente par rapport aux championnats nationaux européens?

« C’est très différent. Aux États-Unis, les fans viennent avant tout pour le spectacle. Ils veulent voir des pilotes qui se bagarrent. Dans les années à venir, la moto deviendra aussi puissante que la Nascar. Le championnat prend de l’ampleur. De plus en plus d’équipes s’y engagent. Les marques de motos investissent de l’argent. Cette saison, les courses étaient retransmises en direct sur BeIn Sport. Il y a un réel engouement et ça va devenir un championnat du monde national. »

Les circuits sont également différents?

« Il y a peu de bacs à graviers et les murs sont proches de la piste. Cependant ils sont tous protégés car il y a de plus en plus de air safe. Je me sens plus en sécurité sur ces circuits que sur certains tracés français. Mon équipe a crée une association qui récolte des fonds afin d’acheter les protections nécessaires. Je trouve que c’est une bonne idée qui devrait être reprise en Europe. »

Valentin Debise MotoAmerica Supersport

Ce championnat n’a rien à envier au British Superbike par exemple?

« Non, il n’a rien à envier au BSB. En Superbike par exemple, Josh Hayes (Yamaha) a terminé deuxième cette saison. En 2011, il s’était classé 6e du Grand-Prix de Valence avec Tech3. Toni Elias (Suzuki) galère à remporter des courses en MotoAmerica alors qu’il a déjà battu Valentino Rossi. Les pilotes américains gagneraient moins d’argent à aller rouler en Europe alors ils préfèrent rester chez eux. »

Conseillerais-tu à d’autres pilotes français de faire comme toi et de s’exiler aux États-Unis?

« Non, je ne leur conseillerais pas (rires). D’ailleurs beaucoup d’entre eux m’ont appelé pour me demander des contacts. Moi j’ai réussi à le faire parce que des gens ont cru en moi et investi de l’argent. Si les résultats ne suivent pas, aller rouler aux États-Unis peut vite devenir un gouffre financier. J’ai également investi toutes mes économies. »

Quels sont tes projets pour la saison prochaine?

« Mon projet c’est de poursuivre avec mon team. C’est en train de se faire tranquillement. Nous mettons en place un deal qui nous convient. Ensuite mon objectif principal c’est de gagner des courses mais aussi de continuer à progresser et de faire mon travail du mieux que je peux. Tous les pilotes engagés en Supersport veulent remporter le championnat et moi le premier. »

MotoAmerica, un championnat de haute volée

Mickael Choplin

Fondateur de GazzInfo

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