24h Motos Départ 2017

Et si on faisait tomber les idées reçues sur l’Endurance Moto ?

Avec deux épreuves de 24 heures organisées sur son territoire, la France est le pays de l’Endurance. Les motards passionnés répondent toujours présents aux rendez-vous donnés à l’occasion des 24 Heures Motos et du Bol d’Or mais pourtant l’Endurance Moto souffre d’idées reçues et de clichés qu’il est important de faire tomber.

Ça dure vraiment 24 heures ?

« 24 heures c’est trop long », « je préfère une course de vitesse, au moins en 45 minutes c’est plié », « il ne se passe rien pendant la course », voici ce que tous les passionnés d’Endurance entendent lorsqu’ils évoquent leur frénésie pour cette discipline. Alors oui, comme son nom l’indique, les 24 Heures Motos est une épreuve qui dure 24 heures tout comme le Bol d’Or. C’est d’ailleurs ce qui fait la magie de ces courses car les pilotes qui y participent doivent être rapides de jour comme de nuit. Là où les spectateurs non-avertis font fausse route, c’est sur l’idée que ces courses seraient ennuyantes, barbantes et dénouées de tout intérêt sportif.

En avril prochain, à l’occasion de la 41e édition des 24 Heures Motos, cinq constructeurs vont se battre pour remporter la course. Yamaha, Suzuki, Kawasaki, Honda et BMW vont férailler durant 24 heures afin d’accrocher cette course de légende à leur palmarès. De plus, lors de la 81e édition du Bol d’Or, il n’y a eu pas moins de 46 changements de leader ! L’an passé, aux 24 Heures Motos, l’écart à l’arrivée entre le vainqueur (la Yamaha #94 du GMT94-Yamaha) et son dauphin (la Yamaha #7 du YART-Yamaha) n’était que de 19,8 secondes ! Et on ne vous parle pas des équipes privées capables de tenir la dragée haute aux officielles. Un combat mécanique des temps modernes à la David contre Goliath. Des courses ennuyantes qu’ils disaient…

L’Endurance c’est la maison de retraite pour les pilotes de grand-prix

Certes, certains pilotes se dirigent vers l’Endurance après avoir effectué une carrière en grand-prix. On pense notamment à Randy De Puniet (253 grand-prix), actuel pilote du Team SRC Kawasaki ou à Mike Di Meglio (201 grand-prix), vainqueur des 24 Heures Motos et du Bol d’Or en 2017 avec le GMT94-Yamaha. Cependant, les grilles de départ des courses d’Endurance ne sont pas majoritairement composées d’anciens pilotes de grand-prix. Au contraire même, l’Endurance est un tremplin vers d’autres disciplines (comme le Superbike ou le Supersport) pour de jeunes pilotes. Avant d’être titré Champion du Monde Supersport en 2017, Lucas Mahias fut Champion du Monde d’Endurance en 2016. La moyenne d’âge de l’équipage du team Yamaha Viltaïs Experiences qui a remporté la Coupe du Monde FIM Superstock pour la saison 2016-2017 n’était que de 26 ans. On pourrait également citer en exemple le Team 33 Accessoires Louit Moto. Ces dernières saisons, l’équipe bordelaise a fait confiance à de jeunes pilotes tels que Corentin Perolari (19 ans), Guillaume Antiga (20 ans) et a même lancé Loris Baz, Jérémy Guarnoni ou Morgan Berchet dans le grand bain des courses d’Endurance.

Il n’y a pas de place pour les projets expérimentaux

Nous sommes désolés mais encore une fois, cette afirmation est fausse. Les 24 Heures Motos possèdent une catégorie nommée Experimental. Elle regroupe des machines ayant un intérêt technique et innovant. Certes, seulement deux équipes étaient engagées au sein de cette catégorie en 2017 : TTS Excent (Kawasaki #17) et Metiss JLC Moto (Metiss #45). La Kawasaki TTS Excent embarque une fourche à quadrilatère déformable qui permet de freiner plus fort et plus tard tandis que la Metiss possède un train avant triangulé. Malgré des moyens financiers limités, ces deux équipes ont à cœur de prouver que leur système peut être bénéfique à la moto du quotidien et à la moto de course.

Comme en 2017, ces deux équipes devraient être au départ des 24 Heures Motos. On sait que Metiss JLC Moto développe actuellement un nouveau prototype à moteur porteur et qu’une troisième équipe vise une participation en 2019 avec une machine proche de la philosophie 56e stand des 24 Heures du Mans.

Le public des courses d’Endurance est composé de barbares

On ne va pas vous mentir, au sein de la rédaction de Gazzinfo, on a longtemps pensé que l’Endurance Moto possèdait un public qu’elle ne méritait pas tant cette discipline est belle et les équipes qui s’y engagent concèdent de nombreux efforts pour assurer le spectacle. Néanmoins, à bien y réfléchir le public qui assiste aux courses d’Endurance est un public fidèle, bon enfant, composé de passionnés de la moto et ça toutes les disciplines de la moto ne peuvent pas en dire autant. Pour les spectateurs le camping situé autour du circuit est certainement l’un des derniers espaces de liberté et cela doit le rester, dans la limite du raisonnable bien entendu.

Toutefois, le public des 24 Heures Motos et du Bol d’Or tend à changer. Grâce aux efforts des organisateurs qui proposent au spectateur une exéprience globale et des animations diverses et variées en parallèle de l’épreuve, il y a de plus en plus de familles, de femmes et de non-initiés présents dans le public. Le public des courses d’Endurance Moto chante la Marseillaise comme personne, il encourage les pilotes qui ramènent leur moto en panne ou accidentée à la poussette. Dans les tribunes, avant le départ, il fait monter le décibel-mètre au niveau où l’on risque la surdité. Bref, il fait intégralement partie du spectacle.

 

74 500 spectateurs aux 24 Heures Motos, 68 000 au Bol d’Or, les épreuves d’Endurance ont encore de beaux jours devant elles en France.

En conclusion, nous pouvons multiplier les arguments pour faire tomber les idées reçues sur l’Endurance Moto mais finalement le meilleur moyen de faire changer d’avis les non-initiés, c’est de les inviter à se rendre sur ces épreuves afin qu’ils puissent se faire leur propre avis. On parie qu’ils vont adorer !

Mickael Choplin

Fondateur de GazzInfo

Une réponse à “Et si on faisait tomber les idées reçues sur l’Endurance Moto ?

  1. J’ai beaucoup aimé votre article. Clair et précis et surtout objectif. Plus un pour que les organisateurs pensent bien évidemment aux pilotes mais qu’ils n’oublient surtout pas de penser à respecter le public qui mérite d’avoir des installations dignes de ce nom. Sanitaires emplacements camping et restauration car la fête de la moto dure 48 heures pour les passionnés. Merci.

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